Isolement et Autonomie

Le val d'hérens est l'une de ces nombreuses vallées latérales le long de la plaine du Rhône, dont l'accès difficile a longtemps forcé son isolement et nécessité un mode de vie autonome. Régions retirée dans le Valais, ce Vieux Pays où le temps s'est arrêté, celui que nombre d'écrivains ont décrit comme hors du monde, tant par le manque de moyens de communication que par la vie rude et rytmée selon les coutumes ancestrale de leurs habitants.

A l'époque où les distances se comptaient en heures de marche, le val d'Hérens se devait, comme bien d'autres valées alpines, de se suffir à lui même. A l'exception du sel, l'activité locale produisait les maigres besoins de la vie dans la montagne. Point de confort, la vie était entièrement consacrée à la survie, le tavail accompagnait les villageois de leur enfance jusqu'à leurs vieux jours.

Agriculture et artisanat

De la terre les montagnards tiraient le maximum de ce qu'elle voulait bien leur donner. Le bois avait une importance vitale. C'est le matériau dont on se servait pour la construction des habitations, de petites maisons de au façade noir et aux petites fenêtres, accrochées à la pente et serrées les unes contre les autres. C'est également le matériau dans lequel sont façonnés les outils et ustensiles de la vie de tous les jours, des assiettes au rouet en passant par le landeau, le chandelier, le tonneau, la baratte, et bien d'autres objets encore. Maurice Zermatten écrit (Le Valais - éd. Générales SA, Genève): " Cette présence partout répétée de l'objet, né dans la maison même où il était utilisé, établissait entre l'homme et le cadre de son existence des rapport confiants. La main qui employait les outils était la main qui les avait tirés de la matière originielle... Chaque instrument avait sa juste destination; chaque ustensile répondait à des usages nettement définis."

Mais le bois c'est également la source d'énergie pour l'unique fourneau en pierre ollaire qui équipait les habitations et contre lequel les mains gelées se réchauffaient le soir contre la pierre brûlante. La bûche c'est elle aussi qui alimente l'âtre ou la "cuisinière" avec lesquels on préparait la soupe et le petit lait.

Jusqu'à la première guerre mondiale, le Valais n'achetait guère que le sel, L'agriculture traditionnelle fournissait alors les éléments de subsistance, alors que le chanvre et la laine habillaient ces montagnards dépourvus de tout confort. Le chanvre se cultivait dans les meilleures parcelles, les chenevières, il était traité à l'eau et sous le soleil avant que l'on en écrase les fibres à l'aide de la brècha pour obtenir le chanvre brut. Tissé et accomodé selon un processus traditionnel il était finallement très inconfortable...

Chaque parcelle ensoleillée était cultivée, on y plantait le blé et le seigle, dont on fabriquait un pain, dur, que l'on conservait des mois durant. La viande et le fromage également étaient séchés et conservés afin de subvenir aux besoins de la famille tout au long de l'année.

Industrialisation

Le val d'Hérens, de part l'absence de voies de communication, n'a été touché qu'indirectement par l'industrialisation de la plaine qui a véritablement débuté au début du XXème siècle (fonderies de Chippis, chimie, brasserie, conserves...). La main d'oeuvre nécessaire dans ses usines et fabriques a marqué le début de l'exode des paysans vers la plaine.

Hôtellerie et tourisme

L'hôtellerie dans le val d'hérens est indisociable de l'essor de l'Alpinisme. Depuis la conquêtes du Cervin par Whymper en 1865, de nombreux aventurier affluent vers les cimes enneigées des Alpes Valaisannes. Si les tous premiers alpinistes trouvaient refuge chez le curé du village, c'est bientôt des auberges et hôtels qui recoivent ces sportifs héroiques aux piends des sommets les plus prestigieux. Petit à petit ces visiteurs ont ouvert la voie à des "vacanciers" plus attirés par la douceur du climat que par l'attrait des hauts sommets. Le val d'Hérens se distingue par une évolution très raisonnée des son infrastructure touristique, évitant la défiguration qu'ont subis nombre d'autres régions, et optant pour un tourisme doux, dans un cadre traditionnel et accueillant.

Les grands travaux

C'est la construction des barrages qui a finallement marqué cette cassure entre la vie modeste d'autrefois et celle d'aujourd'hui, ouverte sur le monde. Les barrages représentent non seulement du travail, beaucoup de travail, pour la population indigène et pour de nombreux étrangers, mais aussi la construction de voies de communication adaptées et indispensable pour la réalisation de ces ouvrages. Acueilli plutôt froidement par les anciens qui se demaindaient ce qui allait leur tomber sur la tête, les barrages ont drainé une richesse alors "inimaginable" par les habitants habitués à une vie rude où un sou est un sou!

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